Droit des sociétés
Gouvernance, transfert de titres, sortie, loi applicable : guide complet pour rédiger ou négocier un pacte d'actionnaires entre actionnaires français et suisses.
Droit des sociétés
Gouvernance, transfert de titres, sortie, loi applicable : guide complet pour rédiger ou négocier un pacte d'actionnaires entre actionnaires français et suisses.
Lorsqu'une société suisse a des actionnaires français (ou inversement), les statuts ne suffisent généralement pas à cadrer leurs relations. Le pacte d'actionnaires (parfois appelé convention d'actionnaires en droit suisse) vient compléter ce dispositif en organisant les questions de gouvernance, de transfert de titres, de protection des minoritaires et de sortie.
Sa rédaction est sensible : le pacte ne doit ni contredire les statuts, ni méconnaître le droit impératif des deux pays, ni créer d'ambigüité sur la loi applicable et la juridiction compétente.
Le pacte fixe généralement le nombre d'administrateurs et leur répartition entre actionnaires : qui propose, qui nomme, qui désigne le président. C'est aussi le pacte qui pose l'exigence pratique d'au moins un administrateur résident suisse, conformément au droit suisse.
Certaines décisions stratégiques (changement de stratégie, opérations significatives, embauche de dirigeants clés, distribution de dividendes) doivent souvent requérir une majorité renforcée ou l'accord d'un actionnaire déterminé. Ces clauses protègent les actionnaires minoritaires sans paralyser la gestion.
Pour les sociétés plus structurées, le pacte peut prévoir un comité d'audit, un comité des rémunérations ou un comité des nominations, avec leurs propres règles de fonctionnement.
Période pendant laquelle les actionnaires fondateurs s'engagent à ne pas céder leurs titres. Classique sur les premières années d'une start-up.
Permet aux actionnaires existants de racheter les titres d'un cessionnaire avant tout transfert à un tiers. Doit être articulée finement avec les clauses statutaires d'agrément, particulièrement importantes en droit suisse.
Soumet l'entrée d'un nouvel actionnaire à l'accord des autres. En droit suisse, l'agrément statutaire des SA à actions nominatives a un effet erga omnes, mais l'agrément pacté n'engage que les signataires.
Permet aux actionnaires minoritaires de se joindre à une cession majoritaire dans les mêmes conditions. Essentiel pour les minoritaires en cas de cession du contrôle.
Oblige les minoritaires à céder leurs titres lorsqu'une offre majoritaire est acceptée par les fondateurs ou par un seuil d'actionnaires. Outil clé pour permettre les cessions à 100%.
Le pacte peut prévoir un horizon de sortie (par exemple 5 à 7 ans pour une opération de PE) avec des mécanismes déclenchant l'obligation de chercher un acquéreur ou de procéder à une introduction en bourse.
Distinguent les conditions de rachat des titres selon les circonstances du départ d'un fondateur ou dirigeant (démission, licenciement pour faute, décès, invalidité). Les mécanismes de décote en cas de bad leaver doivent être soigneusement calibrés pour rester valables en droit suisse comme en droit français.
Permettent à un actionnaire de provoquer le rachat de ses titres ou d'imposer la cession des titres d'un autre, dans des hypothèses précises.
C'est le point le plus structurant et le plus souvent mal traité dans les pactes franco-suisses. Le pacte doit clairement désigner :
Pour les pactes à enjeux importants, l'arbitrage est souvent privilégié pour sa confidentialité et son exécution simplifiée via la Convention de New York (à laquelle France et Suisse sont parties).
Le pacte ne doit pas contredire les statuts. En cas de conflit, c'est le document le plus récent ou le plus précis qui prévaut, mais cela crée une zone grise toujours problématique. Les clauses clés (droits de préemption, agrément, gouvernance) doivent être articulées soigneusement entre le pacte et les statuts.
Un pacte d'actionnaires franco-suisse n'est pas un modèle à télécharger : c'est un outil sur mesure, calibré sur la réalité de la société, de son actionnariat et de ses perspectives. Sa qualité conditionne la stabilité de la gouvernance et la facilité des opérations futures.
Le cabinet rédige et négocie régulièrement des pactes d'actionnaires franco-suisses pour des start-ups, PME et family offices. Discutons de votre situation pour calibrer un dispositif adapté.