Financement & private equity

Lever des fonds depuis une structure suisse : structuration et instruments

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Doublement diplômé France/Suisse, 13 ans d'ancrage genevois. Conseil et contentieux en droit des affaires pour les dirigeants et entreprises franchissant la frontière franco-suisse.

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Lever des fonds depuis une structure suisse : structuration et instruments
Lever des fonds depuis une structure suisse : structuration et instruments

Financement & private equity

Holding suisse ou française, structures hybrides, equity, convertibles, SAFE, BSA : les choix structurants à anticiper avant de lever des fonds dans un contexte franco-suisse.

Lever des fonds depuis une structure suisse : un choix stratégique

Pour une start-up ou une scale-up franco-suisse, le choix de la structure de tête (France ou Suisse) au moment de la levée de fonds est l'une des décisions les plus structurantes du projet. Il engage la fiscalité, la gouvernance, l'attractivité auprès des investisseurs, et la facilité de cession future.

Beaucoup d'entrepreneurs hésitent : domicilier en Suisse pour le climat fiscal et réglementaire, ou en France pour accéder aux fonds européens, aux dispositifs d'aide à l'innovation (CIR, JEI, BSPCE) et au vivier de talents tech. Il n'y a pas de bonne réponse universelle : tout dépend du projet, du marché cible et du profil des fondateurs.

1. Les arguments en faveur d'une holding suisse

  • Fiscalité attractive sur les plus-values : les plus-values sur participations sont en principe exonérées au niveau de la holding suisse, sous réserve de la détention minimale (10% ou 1 million CHF) et de la durée (1 an)
  • Impôt sur le bénéfice modéré : 12 à 21% selon les cantons, contre 25% en France
  • Convention fiscale franco-suisse : taux réduit de retenue à la source sur les dividendes (0% sur les participations qualifiées)
  • Régulation business-friendly : moins d'obligations bureaucratiques au quotidien
  • Stabilité réglementaire : moins de changements normatifs que la France
  • Image internationale : Genève, Zurich et Zoug sont des marques globales pour les investisseurs

2. Les arguments en faveur d'une tête de groupe française

  • Accès aux fonds VC français : BPI, Eurazeo, Partech, Idinvest, etc., souvent contraints d'investir dans des entités françaises ou européennes
  • Dispositifs d'innovation : Crédit Impôt Recherche (CIR), Jeune Entreprise Innovante (JEI), aides BPI
  • Management package optimisé : BSPCE accessibles uniquement aux entreprises françaises de moins de 15 ans
  • Vivier de talents tech : Paris reste le premier hub tech d'Europe continentale
  • Marché européen facilité : libre circulation des biens, services, capitaux et personnes

3. Les structures hybrides

Beaucoup de groupes franco-suisses adoptent une structure hybride : holding de tête en Suisse, opérationnelle en France (ou inversement). Cette configuration permet de combiner les avantages des deux ordres, mais exige une grande rigueur dans la structuration intra-groupe.

Holding suisse + filiale française

Schéma fréquent pour les fondateurs souhaitant bénéficier de la fiscalité helvétique sur les plus-values, tout en conservant l'activité opérationnelle en France. Les dividendes remontent en Suisse à fiscalité réduite via la convention bilatérale.

Holding française + filiale suisse

Schéma adapté aux groupes voulant lever des fonds auprès d'investisseurs français, tout en développant une activité forte en Suisse.

Double holding

Une holding française et une holding suisse, chacune détenant les actifs locaux. Plus complexe à gérer mais offre une grande flexibilité opérationnelle.

4. Les instruments de financement

Equity classique

Émission d'actions ordinaires ou préférentielles. En droit suisse, la SA permet de créer des actions privilégiées à droit de vote ou à dividende, des bons de participation, ou des actions sans droit de vote.

Obligations convertibles (convertible notes)

Prêts convertibles en actions sous certaines conditions. Outil très utilisé en seed et pré-série A. En droit suisse, l'émission requiert généralement une autorisation de l'AG.

SAFE et BSA-AIR

Les SAFE (Simple Agreement for Future Equity) américains et les BSA-AIR français peuvent être adaptés au droit suisse. Plus simples que les convertibles, mais avec des spécificités fiscales et juridiques à anticiper.

Bons de souscription d'actions (BSA, warrants)

Outils flexibles pour les business angels et les management packages.

5. Les enjeux pour les investisseurs

Les investisseurs (VC, business angels, family offices) apprécient particulièrement :

  • La clarté de la cap table et son nettoyage
  • L'existence d'un pacte d'actionnaires solide
  • Une gouvernance professionnelle (board, comités)
  • Une documentation fiscale et juridique à jour
  • Une sortie prévisible (M&A ou IPO) dans un horizon de 5 à 7 ans

6. Les piliers à anticiper avant la levée

  • Audit pré-levée (vendor due diligence)
  • Mise à jour des statuts et du pacte
  • Création des outils d'incentive (BSA, BSPCE le cas échéant, phantom shares)
  • Validation de la conformité réglementaire (RGPD, conformité sectorielle)
  • Structuration des contrats commerciaux stratégiques
  • Sécurisation de la propriété intellectuelle (transferts, IP assignment)
  • Préparation de la data room

En résumé

Lever des fonds depuis une structure suisse, ou à cheval entre la France et la Suisse, demande une parfaite maîtrise des deux ordres juridiques. Les choix initiaux conditionnent la qualité du tour, la facilité de la sortie future, et la fiscalité des fondateurs au moment du cash-out.

Le cabinet accompagne régulièrement des start-ups et scale-ups franco-suisses dans leurs levées de fonds, du choix initial de la structure à la négociation du pacte d'investisseurs. Contactez-nous pour discuter de votre projet.